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Crise du logement : Loïc Cantin sonne l'alerte après le Congrès IMMO 2025

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À l'issue des deux journées du Congrès IMMO 2025 organisé par la Fédération Nationale de l'Immobilier (FNAIM), son président, Loïc Cantin, a tiré la sonnette d'alarme sur la crise du logement qui touche l'ensemble des Français. Entre ralentissement de la construction neuve, tension sur l'offre locative sociale et déficit dans le parc locatif privé, les défis se multiplient. Retour sur les causes identifiées par le président de la FNAIM et les pistes d'action qu'il propose aux professionnels du secteur.

Congrès IMMO 2025 : la FNAIM transforme le Carrousel du Louvre en tribune politique

Le rendez-vous annuel incontournable des professionnels de l'immobilier a pris, cette année, une dimension résolument politique. Les 8 et 9 décembre au Carrousel du Louvre, le Congrès IMMO 2025 de la FNAIM a réuni adhérents, experts et partenaires sous un thème sans équivoque : « Loger les Français : agir enfin ! » Un cri d'alerte face aux tensions persistantes sur le marché du logement en France.

L'ambition affichée par Loïc Cantin, président de la FNAIM, était claire : faire de cet événement une véritable tribune pour interpeller les décideurs. « Nous avons voulu faire de ce congrès un événement politique. Je crois que nous avons en grande partie atteint cet objectif », confie-t-il au micro d'Ariane Artinian dans Mon Podcast Immo.

La présence de personnalités politiques de premier plan en témoigne. Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, Édouard Philippe, ancien Premier ministre et maire du Havre, Jean-Christophe Fromantin, maire de Neuilly-sur-Seine, Jean-François Copé, maire de Meaux, Franck Louvrier, maire de La Baule-Escoublac, et Isabelle Le Callennec, députée européenne, ont tous répondu présent, confirmant l'importance stratégique de ce rassemblement professionnel.

Au-delà du symbole, ce congrès a surtout permis de placer l'urgence du logement au cœur du débat public, rappelant aux pouvoirs publics que les professionnels de l'immobilier ne sont pas de simples observateurs, mais des acteurs déterminés à peser sur les décisions à venir.

Immobilier : la crise passée, le logement en ligne de mire

Loïc Cantin a dressé un bilan contrasté à l'issue du congrès IMMO 2025 : « La crise de l'immobilier est derrière nous et la crise du logement est devant nous. » Une formule qui résume à elle seule les enjeux auxquels la profession doit désormais se préparer.
Sur le plan transactionnel, l'année 2025 affiche des résultats encourageants. Le président de la FNAIM rappelle ses prévisions du début d'année : « J'avais annoncé que le marché reprendrait des couleurs avec un objectif de 950 000 transactions. Nous envisageons de terminer l'année avec 945 000 ventes. » Un rebond qu'il attribue principalement à l'évolution favorable des taux d'intérêt, facteur qui continuera de structurer la dynamique du marché.
Mais cette embellie ne doit pas masquer l'orage qui se profile. « Cette crise du logement sera plus importante à l'avenir que la crise de l'immobilier », prévient Loïc Cantin. Les signaux sont multiples et convergents : construction neuve atone, raréfaction de l'offre locative tant sociale que privée, et blocage du secteur de l'accession à la propriété face à des dispositifs d'accompagnement jugés insuffisants au regard des besoins des ménages.

Derrière ce constat alarmant, plusieurs facteurs structurels expliquent l'ampleur de cette crise du logement.

Instabilité politique et contraintes budgétaires au cœur de la crise

Pour Loïc Cantin, les racines de cette crise du logement sont avant tout politiques. L'instabilité gouvernementale et l'absence de continuité dans les politiques publiques constituent, selon lui, les principaux freins à une résolution durable de la question du logement en France.

Le président de la FNAIM pointe du doigt un paradoxe préoccupant : même lorsqu'un ministre maîtrise la réalité du terrain et comprend les enjeux du logement, sa marge de manœuvre reste bridée par les contraintes budgétaires. Sans moyens financiers suffisants, les velléités d'action se heurtent rapidement à un mur, limitant drastiquement l'impact des mesures envisagées.

Plus grave encore, les changements ministériels à répétition empêchent toute continuité dans le suivi des dossiers. « Les ministres passent, les ministres se remplacent, mais finalement, les dossiers ne se transmettent pas. Et c'est ça qui est grave », alerte Loïc Cantin. Une rotation politique qui brise l'élan des politiques initiées et condamne le secteur à un éternel recommencement.

Face à cela, le président de la FNAIM appelle les professionnels de l'immobilier à prendre leurs responsabilités en misant sur leurs propres atouts.

Professionnalisme et formation : les armes des professionnels face aux défis du marché

Pour Loïc Cantin, président de la FNAIM, la clé pour naviguer dans un marché immobilier complexe reste le professionnalisme. « Je crois que la seule réponse et la seule arme dans un marché compliqué, c'est le professionnalisme. Être le plus armé techniquement, juridiquement, pour répondre et notamment sécuriser nos clients dans le cadre de leur recherche d'acquisition. », explique-t-il, rappelant que c'est ce que demandent les clients aujourd'hui.

Le président milite également pour une formation continue renforcée. Il attend avec impatience le décret formation annoncé par le ministre Vincent Jeanbrun, qui devrait entrer en vigueur au plus tard le 1er juillet 2026, afin de structurer et d'élever le niveau des compétences dans le secteur.

Autre axe structurant pour la profession : l'activation effective de la commission de contrôle prévue par la loi Elan, dont la mise en œuvre reste à ce jour en attente. Pour Loïc Cantin, cette instance constitue un outil clé pour renforcer la crédibilité du secteur et garantir un niveau d'exigence accru dans l'exercice des métiers de l'immobilier. « Il faut valoriser la profession par la formation... et par la sanction. », conclut-il.

Face à la tempête qui s'annonce, une certitude s'impose : seuls les professionnels les mieux armés traverseront la crise du logement. Formation renforcée, rigueur juridique et expertise technique ne sont plus des options, mais des conditions de survie dans un marché sous tension. Alors que les demandes de logement explosent et que la construction reste au point mort, le secteur immobilier se trouve à la croisée des chemins. Aux professionnels désormais de transformer ces défis en opportunités, en faisant du professionnalisme leur meilleur atout face à la crise persistante du logement.

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